Rubrique · Combien de temps avant l’aéroport pour un vol en France ?

Aéroport de Saint-Jacques : un seul vol direct, au départ d’Orly

Par Laurent Filaou Mis à jour le 5 sources

une passerelle d embarquement vide vue de l exterieur, ciel clair, aucun passager

Aucune compagnie ne relie Roissy à la Galice. Le seul vol sans escale entre la France et Saint-Jacques-de-Compostelle décolle d’Orly, opéré par Vueling, en deux heures environ. Cet aéroport a perdu plus d’un demi-million de passagers en 2025 et reste la porte d’entrée la plus pratique du Camino. Le bus urbain vous dépose en ville pour 1 €, mais il ne roule plus après 0 h 30.

Un seul vol direct de toute la France, et il part d’Orly

Aena recense 27 destinations au départ de Santiago-Rosalía de Castro, opérées par neuf compagnies. Une seule est française : Paris-Orly, desservie par Vueling. Les listes de destinations des trois aéroports galiciens ne contiennent aucune ville française de province, et Vigo comme La Corogne n’ont aujourd’hui aucune liaison vers la France.

Le vol dure un peu plus de deux heures, sur environ 1 100 kilomètres, et les billets pour l’hiver 2026-2027 étaient affichés en septembre 2026 à partir de 31 € l’aller simple pour un départ le 26 janvier 2027, puis 41 € pour le 23 mars. Roissy-Charles-de-Gaulle n’apparaît nulle part dans la programmation : depuis la province, il faut passer par une correspondance, à Madrid avec Iberia ou à Barcelone, desservie par Vueling et Ryanair. Le choix de l’aéroport de départ pèse plus lourd vers la Galice que vers la plupart des destinations européennes.

Ryanair a fermé sa base à Santiago et continue d’y vendre des billets

Le 3 septembre 2025, la compagnie irlandaise a annoncé le départ de sa base de Compostelle pour l’hiver 2025-2026, la fin de toute activité à Vigo et l’arrêt de la ligne de Tenerife Nord. Deux avions sont partis. Ryanair a chiffré à 183 millions d’euros l’investissement perdu en Galice et mis en cause les redevances d’Aena, jugées trop élevées, jusqu’à saisir le régulateur espagnol.

La suite est moins simple qu’un déménagement. Aena recense aujourd’hui huit destinations Ryanair au départ de Lavacolla, dont Alicante, Barcelone, Charleroi, Dublin, Ibiza, Lanzarote, Londres-Stansted et Tenerife Sud. Fermer une base ne signifie pas quitter un aéroport : les appareils ne dorment plus sur place, mais les rotations restent assurées par des avions venus d’ailleurs. Pour le voyageur, la conséquence se lit dans les sièges mis en vente, environ deux millions de moins par an en Espagne selon la compagnie. La réponse d’Aena est venue en septembre 2026, avec un nouveau DORA qui gèle presque les redevances et limite la hausse moyenne à trois centimes d’euro par passager et par an.

Un demi-million de passagers perdus en 2025, 107,9 millions investis à partir de 2027

L’aéroport a terminé 2025 avec 3 120 759 passagers, en recul de 14,3 % sur un an, et 24 837 vols, en baisse de 7,9 %. La chute continue. En août 2026, Lavacolla a compté 308 945 passagers, encore 10,7 % de moins qu’un an plus tôt. Les voyageurs n’ont pas quitté la Galice pour autant : Vigo et La Corogne ont progressé la même année, sans compenser le demi-million de passagers perdu par la région.

Passagers des trois aéroports galiciens en 2025, chiffres Aena publiés le 13 janvier 2026.
Aéroport Passagers 2025 Évolution
Santiago-Rosalía de Castro 3 120 759 -14,3 %
La Corogne (Alvedro) 1,3 million +4,4 %
Vigo (Peinador) 1,11 million +5,3 %

Pendant que le trafic recule, les investissements montent. Le Conseil des ministres a approuvé le 15 septembre 2026 un plan de 107,9 millions d’euros pour Lavacolla entre 2027 et 2031, sur les 207 millions promis aux trois aéroports galiciens : régénération de la piste, systèmes électriques et de communication, travaux en zone terminale, agrandissement des parkings. Le programme est financé par les recettes d’Aena, pas par le budget de l’État.

Pour une étape sur la côte atlantique, mieux vaut donc regarder quel aéroport se trouve le plus près de la destination avant de bloquer un vol vers Lavacolla.

Le bus 6A coûte 1 € et s’arrête à 0 h 30

La ligne 6A, exploitée par Tralusa sur le réseau urbain de Compostelle, relie l’aéroport à la gare intermodale, à l’arrêt Hórreo, d’où partent les trains et les autocars régionaux. Un euro par trajet. En navette directe, le parcours demande 25 à 30 minutes ; les services qui desservent San Lázaro et San Marcos montent jusqu’à trois quarts d’heure dans le sens aéroport-ville.

Les départs s’échelonnent toutes les 15 à 30 minutes en journée. Le premier bus quitte la gare à 6 h, le dernier part de l’aéroport à 0 h 30 et arrive à 1 h. Trois lignes Monbus complètent le réseau vers Lugo, Sobrado et La Corogne, avec des arrêts à Arca, Arzúa, Palas de Rei et Guntín, sur l’itinéraire du Camino francés.

Quand on vient chercher quelqu’un, mieux vaut suivre l’avion que la grille horaire : la carte des vols en direct donne l’état du vol avant de prendre la route de Lavacolla.

Le taxi facture 23 € les 15 premiers kilomètres, puis le compteur reprend

Entre la station de taxis de l’aéroport et Compostelle, le prix est fixe : 23 € pour les 15 premiers kilomètres, valable 24 heures sur 24. S’y ajoutent 0,60 € par valise, 3,20 € pour une bicyclette et 3,20 € en cas de réservation à l’avance. Le compteur reprend ensuite. Au-delà du quinzième kilomètre, la course repasse aux tarifs interurbains, à 1,20 € le kilomètre en journée et 1,44 € la nuit.

La grille maximale, autorisée par la Xunta de Galice, fixe aussi les courses plus longues, utiles quand Compostelle n’est qu’une étape : les destinations hors de la ville augmentent de 20 % entre 22 h et 6 h et les jours fériés.

Tarifs maximaux depuis la station de taxis de l’aéroport, grille autorisée par la Xunta de Galice.
Destination Tarif maximal
Compostelle, centre 23 €, tarif fixe valable 24 h sur 24
Lugo 110 € par Arzúa, 120 € par Teixeiro
Sarria 140 €

Vingt-trois euros pour quinze kilomètres, c’est cher. C’est aussi un tarif réglementé, disponible à toute heure, y compris quand le dernier bus est parti depuis longtemps.

Se garer à Lavacolla coûte jusqu’à 50 € le week-end

Le parking général de l’aéroport peut atteindre 50 € pour une voiture laissée du vendredi après-midi au dimanche après-midi, d’après le relevé publié par La Voz de Galicia le 7 septembre 2026. À Alvedro, l’aéroport de La Corogne, la même durée coûte 22 €. Le comparateur ParkVia annonce pour sa part un maximum de 10,95 € par jour sur ce même parking, jusqu’à quatre jours. Les deux chiffres ne se recoupent pas, et Aena ne publie sa grille qu’au moment de la réservation, sur son site ou dans son application. Aucune grille officielle n’est affichée.

Aena agrandit malgré tout l’installation : le projet présenté en juin 2026 passe par la réfection de la toiture du parking, qui doit gagner environ 600 places. Pour une semaine de vacances, comparer les parkings d’aéroport éloignés du terminal, navette comprise, fait partie des pistes pour faire baisser la note.

Une seule aérogare, rebaptisée Rosalía de Castro en 2020

Le terminal actuel est entré en service le 13 octobre 2011, après 230 millions d’euros de travaux. Un bâtiment, une piste. Sa surface atteint 65 135 m² pour une capacité affichée de 4 millions de passagers par an, quand l’aéroport en a accueilli 3,12 millions en 2025. La première phase d’exploitation prévoyait 22 comptoirs d’enregistrement et 13 portes d’embarquement, dont cinq avec passerelle ; la configuration finale monte à 38 comptoirs et 10 passerelles. Arrivées intérieures et internationales passent par le même hall.

Son nom officiel, lui, ne dit rien à personne. Le 2 avril 2020, le BOE a publié le changement de dénomination : Lavacolla est devenu Santiago-Rosalía de Castro, du nom de l’écrivaine galicienne. Sur les panneaux, les billets et les applications, on croise les trois formes, plus le code SCQ. Petite aérogare ne veut pas dire arriver à la dernière minute : le temps à prévoir avant l’embarquement dépend des règles de votre compagnie, pas de la taille du site.

Ce qu’on nous demande le plus

Faut-il passer par Paris pour rejoindre Saint-Jacques-de-Compostelle ?

Oui, si vous voulez éviter l’escale. La seule destination française au départ de Lavacolla est Paris-Orly, desservie par Vueling. Vigo et La Corogne n’ont aucune liaison vers la France : on y arrive via Madrid ou Barcelone.

Combien coûte le trajet entre l’aéroport et le centre de Compostelle ?

1 € en bus sur la ligne 6A, en 25 à 30 minutes de navette directe, et 23 € en taxi pour les 15 premiers kilomètres, un tarif fixe valable 24 heures sur 24. Le bus circule toutes les 15 à 30 minutes en journée.

Mon avion atterrit après 0 h 30 : comment rejoindre la ville ?

Le dernier bus quitte l’aéroport à 0 h 30 et arrive à la gare intermodale vers 1 h. Passé cette heure, le taxi reste la valeur sûre, à 23 € au maximum pour les 15 premiers kilomètres, quelle que soit l’heure.

Ryanair dessert-elle encore Santiago ?

Oui. La base a fermé et les lignes de Vigo et de Tenerife Nord ont disparu pour l’hiver 2025-2026, mais Aena recense huit destinations Ryanair au départ de Lavacolla, dont Barcelone, Dublin et Londres-Stansted.

Peut-on aller directement de l’aéroport à Sarria ou à Lugo ?

La ligne Monbus vers Lugo marque l’arrêt à Arzúa, Palas de Rei et Guntín, sur le Camino francés. En taxi, comptez 140 € au maximum jusqu’à Sarria et 110 à 120 € jusqu’à Lugo selon l’itinéraire, avec 20 % de plus la nuit et les jours fériés.

Sources : Aena, bilan de trafic 2025 de l’aéroport Santiago-Rosalía de Castro, Aena, destinations desservies au départ de Santiago, Tussa, tarifs du réseau urbain de Compostelle, Tralusa, horaires de la ligne 6A, Taxi Compostela, tarifs maximaux autorisés par la Xunta de Galice.

Sources utilisées

  1. Aena, bilan de trafic 2025 de l'aéroport Santiago-Rosalía de Castro
  2. Aena, destinations desservies au départ de Santiago
  3. Tussa, tarifs du réseau urbain de Compostelle
  4. Tralusa, horaires de la ligne 6A
  5. Taxi Compostela, tarifs maximaux autorisés par la Xunta de Galice

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