Droits des passagers : retard, annulation et recours
Par Laurent Filaou Mis à jour le 2 sources

Trois heures de retard à l’arrivée peuvent ouvrir droit à 250, 400 ou 600 €, mais le montant ne dépend ni du prix du billet ni de votre agacement. Le trajet, l’heure d’arrivée réelle, la cause de la perturbation et la compagnie qui opère le vol déterminent la réponse. Gardez vos preuves avant de quitter l’aéroport.
Vérifiez d’abord si les règles européennes s’appliquent
Le règlement européen 261/2004 couvre les vols qui partent d’un aéroport de l’Union européenne, quelle que soit la compagnie. Il couvre aussi un vol qui arrive dans l’Union depuis un pays tiers lorsqu’il est opéré par une compagnie de l’Union. Pour un itinéraire avec correspondance, la réservation unique et la destination finale peuvent changer l’analyse.
Conservez la confirmation, la carte d’embarquement, les reçus et les messages de la compagnie. Notez l’heure à laquelle une porte de l’avion s’ouvre à l’arrivée : ce repère peut différer de l’heure d’atterrissage. Si la cause annoncée reste vague, demandez-la par écrit.
Les montants suivent la distance du vol
L’indemnisation forfaitaire prévue par le règlement est de 250 € jusqu’à 1 500 km, de 400 € pour les vols intracommunautaires de plus de 1 500 km et les autres vols de 1 500 à 3 500 km, puis de 600 € pour les autres vols plus longs. Un réacheminement arrivé avec un retard limité peut conduire à une réduction de moitié dans les conditions prévues par le texte.
Le forfait ne remplace pas l’assistance. Selon la durée d’attente, la compagnie doit prendre en charge des rafraîchissements, des repas et, lorsqu’une nuit devient nécessaire, l’hébergement et le transport correspondant. À partir de cinq heures de retard au départ, le passager qui renonce au voyage peut demander le remboursement prévu par le règlement.
Retard : mesurez l’arrivée, puis cherchez la cause
Pour l’indemnisation liée à un long retard, le seuil de référence est trois heures à la destination finale. Une circonstance extraordinaire peut écarter le forfait si la compagnie prouve le lien avec l’incident et les mesures raisonnables prises. La météo sévère ou une restriction du contrôle aérien peuvent entrer dans cette catégorie ; une simple formule « raison opérationnelle » ne suffit pas à expliquer le refus.
Le calcul d’une indemnisation pour retard détaille la distance, les horaires et les pièces à joindre. Si le retard fait perdre une correspondance sur la même réservation, examinez le cas de la correspondance ratée jusqu’à la destination finale.
Annulation : remboursement ou réacheminement
Lorsqu’un vol est annulé, la compagnie doit proposer le choix prévu par le règlement entre remboursement et réacheminement. Une indemnisation peut s’ajouter, notamment lorsque l’information arrive moins de quatorze jours avant le départ, sous réserve des horaires de remplacement et des circonstances extraordinaires. Les démarches après un vol annulé permettent de séparer ces deux droits.
Une annulation décidée par le passager obéit d’abord au contrat tarifaire. Les taxes et redevances liées à l’embarquement peuvent toutefois suivre un régime distinct. Consultez les cas de remboursement d’un billet avant d’accepter un avoir qui ne correspond pas à votre situation.
Surbooking : ne devenez pas volontaire sans connaître l’offre
La compagnie doit d’abord rechercher des volontaires. Celui qui accepte négocie sa contrepartie et les conditions du nouveau trajet. Si l’embarquement est refusé contre votre gré alors que vous aviez une réservation valable et vous êtes présenté à temps, le règlement prévoit une indemnisation, le choix entre remboursement et réacheminement, ainsi qu’une assistance. Le refus d’embarquement pour surbooking demande donc un écrit précis au comptoir.
Réclamez dans un ordre qui laisse des traces
- Rassemblez réservation, carte d’embarquement, horaires et reçus.
- Écrivez au transporteur effectif en indiquant le numéro de vol, la date, le trajet et le droit demandé.
- Conservez l’accusé et la réponse. Si elle manque ou ne règle pas le litige, utilisez la voie de recours compétente indiquée par l’autorité officielle.
Le simulateur d’indemnisation aide à identifier le forfait correspondant au trajet. Il ne peut pas trancher seul une circonstance extraordinaire : la preuve et la réponse de la compagnie restent nécessaires.
Ce qu’on nous demande le plus
Le retard se calcule-t-il au décollage ou à l’arrivée ?
Pour le forfait lié au long retard, regardez l’arrivée à la destination finale. L’heure d’ouverture d’une porte de l’avion sert de repère.
L’indemnisation remplace-t-elle le remboursement ?
Non. Le forfait, le remboursement ou réacheminement et l’assistance répondent à des droits distincts qui peuvent se cumuler selon la situation.
Une grève annule-t-elle automatiquement l’indemnisation ?
Non. Il faut identifier qui fait grève, l’effet sur le vol et les mesures prises par la compagnie. Une réponse générique ne suffit pas.
Dois-je accepter un avoir ?
Pas si le règlement vous donne droit à un remboursement en argent et que vous ne souhaitez pas l’avoir. Lisez sa durée et ses conditions avant d’accepter.
Quelle compagnie doit recevoir la réclamation ?
Adressez-la au transporteur aérien effectif, celui qui a opéré ou devait opérer le vol, en joignant la confirmation de réservation.
Sources : EUR-Lex — règlement (CE) nº 261/2004, Your Europe — droits des passagers aériens.