Rubrique · Compagnies aériennes : fiches et conditions de voyage

L’avion le plus rapide en service est le Boeing 747-8

Par Laurent Filaou Mis à jour le 5 sources

un hublot vu de l interieur avec une aile et des nuages, cabine sobre

Le 7 février 1996, un Concorde de British Airways reliait New York à Londres en 2 h 52 min 59 s, à plus de 2 000 km/h de moyenne. L’avion le plus rapide encore en service s’appelle aujourd’hui Boeing 747-8 : il croise à Mach 0,855, contre Mach 2,04 pour le Concorde, et Boeing en a livré le dernier exemplaire en janvier 2023.

Le 747-8 croise à Mach 0,855, devant tous les autres avions de ligne en service

Le Boeing 747-8 Intercontinental est l’avion de ligne le plus rapide en service, avec une vitesse de croisière de Mach 0,855 annoncée dans la fiche aéroportuaire que Boeing a révisée en décembre 2024. Entré en service en 2012, il devance l’Airbus A380 et l’Airbus A350, donnés à Mach 0,85 dans les documents techniques du constructeur européen, soit cinq millièmes de Mach d’écart, quelques kilomètres par heure.

Le titre tient à un fil. Le 747-400, l’aîné de la famille, affichait la même vitesse de croisière, et trois exemplaires volaient encore chez Air China en février 2026, d’après le décompte publié par Flightradar24. Cela ne mérite pas le mot de course : entre le plus rapide et ses poursuivants, l’écart reste sous les 0,6 %. Cinq millièmes seulement, que personne ne sentira en cabine.

Vitesses de croisière annoncées par les constructeurs et les musées cités (Boeing, décembre 2024 ; Airbus, décembre 2021 et revue technique A350 ; Smithsonian, 2024).
Appareil Vitesse de croisière Statut en 2026 Référence
Boeing 747-8 Intercontinental Mach 0,855 En service Boeing, fiche aéroportuaire, décembre 2024
Airbus A380 Mach 0,85 En service Airbus, Facts and Figures, décembre 2021
Airbus A350 Mach 0,85 En service Airbus, revue FAST spéciale A350
Concorde Mach 2,04 Retiré du service en 2003 National Air and Space Museum, 2024
Tupolev Tu-144 Mach 2,15 Service passagers arrêté en 1978 National Air and Space Museum, 2024

Ces millièmes de Mach ne disent presque rien d’un vol précis. La vitesse affichée dépend du vent, de la masse et de l’altitude, et deux appareils identiques n’affichent pas le même chiffre le même jour. Sur le sujet, à quelle vitesse va un avion de ligne n’a pas de réponse unique.

Rien de tout cela ne se voit depuis la porte d’embarquement. Deux appareils stationnés côte à côte peuvent afficher la même vitesse de croisière et des dimensions très différentes : ce sont les dimensions des appareils en service qui décident des pistes et des portes, jamais le chronomètre.

Trois compagnies font encore voler le 747-8, que Boeing ne fabrique plus

Le 747-8 n’est plus construit. Boeing a sorti le dernier 747 de son usine d’Everett le 6 décembre 2022 et l’a livré à Atlas Air le 31 janvier 2023, après cinquante-quatre ans de production et 1 574 exemplaires vendus à plus de 100 clients, selon le constructeur américain. La version la plus rapide de la lignée a donc quitté la chaîne sans successeur, et la flotte qui vole encore ne fera que vieillir.

Elle se prend chez les derniers exploitants. Trois transporteurs font encore voler des passagers sur 747-8, selon le recensement publié par le média aéronautique Simple Flying : Lufthansa, Korean Air et Air China. Lufthansa, qui a reçu le premier exemplaire le 1er mai 2012 d’après Boeing, en a fait la colonne vertébrale de son réseau long-courrier au départ de Francfort.

Pour un passager français, la place s’obtient donc avec une correspondance vers l’un de ces hubs : Francfort, Séoul ou Pékin. Le type d’appareil peut d’ailleurs changer d’ici le départ. Le pont supérieur du 747-8 compte 48 sièges, tous en classe affaires, selon la fiche Boeing de décembre 2024, un bon repère pour vérifier que le vol sera bien opéré par le quadriréacteur. Votre billet dépendra de toute façon de la compagnie aérienne retenue et de ses escales.

Concorde croisait à Mach 2,04, et son record de 1996 tient toujours

Concorde reste l’avion de ligne le plus rapide de l’histoire, avec une vitesse de croisière de Mach 2,04 selon le National Air and Space Museum, qui expose l’un des vingt exemplaires construits près de Washington. Le 7 février 1996, un appareil de British Airways a signé le record du vol commercial transatlantique le plus rapide : 2 h 52 min 59 s entre New York et Londres, 6 035 km avalés à plus de 2 011 km/h de moyenne, une performance homologuée par le Guinness World Records.

Le seul avion de ligne à avoir fait mieux n’a pas tenu la distance. Le Tupolev Tu-144, donné à Mach 2,15 par le même musée, n’a exploité qu’une seule ligne, Moscou-Almaty, et son service passagers s’est arrêté au bout d’un an, en 1978, selon le Technik Museum Sinsheim, qui expose l’appareil sur son toit. Plus rapide, donc, mais trop cher à faire voler pour durer.

Le record tient toujours. Le projet supersonique le plus avancé du moment, l’Overture de Boom Supersonic, vise Mach 1,7 pour 64 à 80 passagers, soit moins vite que le Concorde, et son carnet affiche 130 commandes et précommandes d’American Airlines, United Airlines et Japan Airlines. Aucune place n’est en vente.

Le prix était à la hauteur de la vitesse : 12 000 dollars l’aller-retour, rappelle le musée américain, soit l’équivalent de 66 000 dollars d’aujourd’hui selon ses calculs. Le dernier vol commercial a eu lieu le 24 octobre 2003, après 27 ans de service. Le tarif et le bruit ont eu raison de l’appareil, pas la technique.

Le record absolu de vitesse date du 28 juillet 1976 et n’a jamais été battu

Le record absolu de vitesse pour un avion à réaction n’a pas bougé depuis cinquante ans. Le 28 juillet 1976, au-dessus de la base de Beale, en Californie, un Lockheed SR-71A piloté par Eldon Joersz a été chronométré à 3 529,56 km/h, et la Fédération aéronautique internationale, qui a homologué la mesure, a rappelé dans un communiqué du 29 juin 2026 que le record tient toujours. Aucun avion de ligne ne l’égale, et aucun n’y travaille.

Un engin habité est allé plus vite, mais avec une fusée. Le X-15A-2, avion expérimental lancé depuis un bombardier, a atteint 7 274 km/h, soit Mach 6,7, le 3 octobre 1967, piloté par William Knight, selon le Guinness World Records. Ces deux performances viennent du domaine militaire et expérimental, très loin des 0,855 Mach d’un vol de ligne régulière. Personne ne l’a repris.

Records de vitesse homologués, d’après les organismes cités en dernière colonne (FAI, juin 2026 ; Guinness World Records ; Bombardier, décembre 2025).
Record Détenteur Valeur Date Référence
Vitesse absolue, avions propulsés Lockheed SR-71A, Eldon Joersz 3 529,56 km/h 28 juillet 1976 FAI
Vitesse maximale, avion à propulsion fusée North American X-15A-2, William Knight 7 274 km/h, soit Mach 6,7 3 octobre 1967 Guinness World Records
Vol commercial transatlantique le plus rapide Concorde de British Airways 2 h 52 min 59 s, 2 011 km/h de moyenne 7 février 1996 Guinness World Records
Vitesse maximale annoncée d’un avion civil en service Bombardier Global 8000 Mach 0,95 annoncé, contre 0,94 auparavant Mise en service en décembre 2025 Bombardier

La FAI précise que deux des trois records du 28 juillet 1976 ont depuis été retirés de son code sportif, faute de catégorie adaptée ; seul le record absolu subsiste. Chez les avions civils en service, le plus rapide n’est pas un avion de ligne : le Global 8000 de Bombardier, certifié par Transports Canada le 5 novembre 2025, est annoncé à Mach 0,95 dans son communiqué de mise en service, après Mach 0,94 dans ses documents de développement. Le même constructeur, deux chiffres.

Changer d’avion fait gagner des minutes, changer d’itinéraire des heures

La vitesse de croisière départage mal deux vols. Entre un 747-8 et un A350, il y a environ 0,005 Mach, soit quelques kilomètres par heure, et sur un Paris-New York de sept heures l’écart théorique reste sous les trois minutes, avant même de compter le vent. Les durées affichées par les compagnies intègrent le roulage, la montée et l’approche, des étapes identiques pour tous les appareils. Le reste se joue au sol. L’avion compte peu.

Une correspondance mal choisie ou une arrivée trop juste à l’aéroport pèse bien plus lourd que la fiche technique de l’appareil : le temps passé au sol avant le décollage change davantage votre heure d’arrivée que le modèle d’avion. Sur un vol court, la différence entre deux appareils se compte en dizaines de secondes, pas en minutes, et aucune vitesse de croisière ne rattrape une heure perdue dans un terminal.

La vitesse a aussi un prix, en carburant comme en émissions. Un 747-8 embarque jusqu’à 238 609 litres de kérosène, selon la fiche Boeing de décembre 2024, et Airbus chiffre à 69 g de CO2 par passager et par kilomètre le vol d’un A350. Avant de comparer deux trajets là-dessus, quantifier les émissions de votre prochain vol évite les impressions.

Ce qu’on nous demande le plus

Combien coûtait un aller-retour en Concorde ?

12 000 dollars l’aller-retour, le tarif rappelé par le National Air and Space Museum, qui l’équivaut à 66 000 dollars d’aujourd’hui. C’est ce prix qui a fini par vider l’appareil. Le dernier vol commercial a eu lieu le 24 octobre 2003.

Le 747-8 est-il vraiment plus rapide que l’A350 ?

Sur les fiches, oui : Mach 0,855 pour le Boeing, Mach 0,85 pour l’Airbus, soit cinq millièmes de Mach. En vol, cet écart disparaît dans les variations de vent, qui jouent sur des dizaines de kilomètres par heure. Comparez les horaires et les escales, pas les vitesses de croisière.

Où peut-on encore monter dans un 747-8 ?

Chez trois transporteurs seulement, d’après le recensement du média aéronautique Simple Flying : Lufthansa, Korean Air et Air China. Lufthansa l’exploite au départ de Francfort, où elle a reçu son premier exemplaire le 1er mai 2012. Pour un départ de France, la place s’obtient avec une correspondance.

Peut-on déjà réserver un vol supersonique ?

Non. Le démonstrateur XB-1 de Boom a franchi le mur du son le 28 janvier 2025 à Mojave, à Mach 1,122, mais l’Overture, prévu pour 64 à 80 passagers à Mach 1,7, n’est pas certifié. Ses 130 commandes et précommandes ne sont pas des billets : aucune place n’est en vente.

Le Tu-144 volait-il plus vite que le Concorde ?

Oui : Mach 2,15 pour le Tupolev contre Mach 2,04 pour le Concorde, selon le National Air and Space Museum. Mais l’avance n’a servi à rien : une seule ligne, Moscou-Almaty, un service passagers arrêté en 1978 après un an. Le Technik Museum Sinsheim affiche même 2 430 km/h pour le Tu-144.

Où voir un Concorde aujourd’hui ?

Au musée de l’Air et de l’Espace, au Bourget ; au Steven F. Udvar-Hazy Center du National Air and Space Museum, en Virginie ; et au Technik Museum Sinsheim, en Allemagne, où un Concorde voisine avec le Tu-144 installé sur le toit. Seulement 20 Concorde ont été construits, selon le Smithsonian.

Sources : Fédération aéronautique internationale, records du SR-71 Blackbird (29 juin 2026), Boeing, 747-8 Airplane Characteristics for Airport Planning (rév. D, décembre 2024), Guinness World Records, vol transatlantique le plus rapide en avion commercial (7 février 1996), National Air and Space Museum, What Happened to the Concordes (août 2024), Bombardier, mise en service du Global 8000 (décembre 2025).

Sources utilisées

  1. Fédération aéronautique internationale, records du SR-71 Blackbird (29 juin 2026)
  2. Boeing, 747-8 Airplane Characteristics for Airport Planning (rév. D, décembre 2024)
  3. Guinness World Records, vol transatlantique le plus rapide en avion commercial (7 février 1996)
  4. National Air and Space Museum, What Happened to the Concordes (août 2024)
  5. Bombardier, mise en service du Global 8000 (décembre 2025)

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