Rubrique · Compagnies aériennes : fiches et conditions de voyage

Low cost ou compagnie classique : le prix se joue après le clic

Par Laurent Filaou Mis à jour le 5 sources

un hublot vu de l interieur avec une aile et des nuages, cabine sobre

Un bagage de 15 kg coûte 29,99 € sur le site de Transavia et 70 € au comptoir de l’aéroport. L’écart entre une low cost et une compagnie classique tient au tarif acheté, pas à la marque. La franchise suit le prix payé, et la Cour de justice de l’Union européenne a jugé en 2014 qu’un bagage à main de taille raisonnable ne peut pas être facturé.

La franchise de bagages suit le tarif, pas la couleur de la compagnie

La franchise de bagages suit le prix payé, pas la couleur de la compagnie. Air France l’écrit dans ses conditions générales de transport, version du 28 décembre 2024 : la quantité de bagages en soute est « déterminée en fonction de la destination, du Tarif acquitté et est indiquée sur le Billet ». Choisir entre les compagnies présentes sur votre aéroport de départ commence donc par la ligne tarifaire, pas par l’enseigne.

Un arrêt de la Cour de justice de l’Union européenne a posé la limite, le 18 septembre 2014, dans l’affaire Vueling. Le transport d’un bagage en soute peut être facturé comme un supplément optionnel, alors que celui d’un bagage à main ne le peut pas dès lors qu’il respecte des exigences raisonnables de poids et de dimensions. La Cour a annulé l’amende de 3 000 € infligée à la compagnie par une autorité espagnole.

Aucune taille n’est fixée. L’arrêt parle d’exigences raisonnables sans donner un centimètre, et chaque compagnie arrête la sienne. Les conditions générales d’Air France tranchent le cas par défaut : un seul bagage non enregistré, à glisser sous le siège devant vous.

Un bagage en soute coûte 29,99 € en ligne et 70 € au comptoir

Le même bagage change de prix selon l’endroit où vous l’achetez. Transavia affiche 15 kg à partir de 29,99 € sur son site et 70 € au comptoir de l’aéroport, pour un aller simple. La page tarifaire de la compagnie précise que l’achat en ligne reste ouvert jusqu’à deux heures avant le départ, que l’excédent pesé à l’aéroport est facturé à partir de 15 € le kilo, et que ces montants dépendent de la destination et du moment de l’achat.

La grille complète montre le même écart de canal : 20 kg passent de 36,99 € à 80 €, 25 kg de 41,99 € à 90 €, 30 kg de 51,99 € à 100 €. Un détail de la page mérite l’arrêt : la franchise de 10 kg n’existe qu’au comptoir, à 60 €, quand 15 kg achetés en ligne coûtent 29,99 €. Le comptoir coûte plus cher que l’écran. La grille sanctionne l’acheteur tardif.

Prix d’un bagage en soute chez Transavia, par aller simple, publiés sur sa page tarifaire
Poids du bagage Prix en ligne Prix au comptoir de l’aéroport
10 kg non vendu en ligne à partir de 60 €
15 kg à partir de 29,99 € à partir de 70 €
20 kg à partir de 36,99 € à partir de 80 €
25 kg à partir de 41,99 € à partir de 90 €
30 kg à partir de 51,99 € à partir de 100 €

Le calcul à faire additionne plusieurs postes : siège, bagage, choix de place, moyen de paiement. Une comparaison ne tient qu’à périmètre identique. Toutes les compagnies ne publient pas ces montants aussi clairement, et le raisonnement vaut aussi pour le confort : ce qu’une cabine intermédiaire change tient parfois à un siège plus large, sans cloison ni service à part. Un texte européen approuvé en 2026 rendra ces comparaisons plus lisibles : les prix devront afficher la franchise de bagage à main comprise avant le début d’une réservation.

EasyJet est le deuxième transporteur de France, Ryanair le quatrième

EasyJet a transporté 24,9 millions de passagers en France en 2025, Transavia France 15,9 millions et Ryanair 15,4 millions, selon le bulletin statistique de la Direction générale de l’aviation civile publié en mai 2026. Derrière Air France, à 48,2 millions, deux des trois premiers transporteurs du pays appartiennent donc au camp des bas coûts. Ryanair recule de 5,2 % sur un an, quand Transavia France gagne 15,8 % et Wizz Air 15,4 %.

Le trafic total de la France atteint 183,02 millions de passagers, en hausse de 2,8 % sur un an, d’après le même bulletin. Le trafic intérieur métropole recule de 2,6 %, à 19,63 millions, quand l’international progresse de 3,6 %. Paris-Nice, première liaison intérieure du pays, a compté 2 704 212 passagers en 2025, soit 14,9 % de moins qu’en 2019.

Trafic en France des principaux transporteurs en 2025, bulletin statistique de la DGAC, édition de mai 2026. Les volumes sont exprimés en unités de trafic, une unité valant 1 000 passagers comptés une seule fois, transit compris.
Transporteur ou marque Passagers transportés en 2025 Évolution sur un an
Air France 48,2 millions +2,0 %
easyJet, marque commerciale 24,9 millions +0,5 %
Transavia France 15,9 millions +15,8 %
Ryanair, marque commerciale 15,4 millions -5,2 %
Volotea 6,9 millions +5,9 %
Vueling 5,9 millions -8,6 %
Wizz Air, marque commerciale 4,1 millions +15,4 %

Le bulletin compte les passagers par marque commerciale. Le périmètre change tout. Les 24,9 millions d’easyJet regroupent easyJet Europe, easyJet Suisse et easyJet UK, et les 15,4 millions de Ryanair incluent Ryanair UK et Malta Air. Le document attribue aussi chaque vol au transporteur qui l’exploite réellement, y compris en partage de code.

Le nombre de passagers ne dit rien de ce que le vol rejette. Les émissions de votre trajet se calculent par passager et par classe, une fois la liaison choisie.

Sauter le vol aller coûte 150 €, et jusqu’à 1 500 € sur un intercontinental

Le billet aller-retour se paie aussi quand les coupons ne sont pas utilisés dans l’ordre. Les conditions générales d’Air France facturent un supplément forfaitaire de 150 € en Economy et 300 € en Business sur les vols Europe, et de 500 € en Economy comme en Premium, 1 500 € en Business et La Première, sur les intercontinentaux. Le cas visé est écrit noir sur blanc : un passager qui n’utilise pas le premier coupon de son billet, ou qui saute une étape en cours de voyage.

Rien n’est dû si le passager a acheté et utilisé un nouveau billet vers la même destination dans les 24 heures suivant le départ manqué. Le supplément se règle à partir de 30 heures avant le départ du coupon suivant, auprès du service client, d’une agence ou de l’aéroport. L’exception est écrite.

La pratique change de statut en 2026. Le Conseil de l’Union européenne a donné son approbation finale le 13 juillet 2026 à un règlement qui interdit de refuser l’embarquement au retour d’un passager qui n’a pas pris son vol aller. Le texte entrera en vigueur 12 mois et 20 jours après sa publication au Journal officiel. Sa portée reste bornée : vols intérieurs à l’Union, arrivées sur une compagnie européenne, départs de l’Union.

Un retour depuis un pays tiers sur une compagnie non européenne restera en dehors du dispositif.

Indemnisation : les mêmes montants pour toutes les compagnies, une réponse sous 30 jours

Les montants de l’indemnisation ne dépendent pas du modèle de la compagnie. Le Conseil de l’Union européenne les rappelle dans son accord du 15 juin 2026 : 250 € pour un vol de 1 500 km ou moins, 400 € pour un vol intra-européen ou de 1 500 à 3 500 km, 600 € au-delà, à partir de trois heures de retard à l’arrivée. Une annulation signalée moins de 14 jours avant le départ ouvre le même droit.

L’accord ajoute des délais opposables aux transporteurs. En cas de retard indemnisable, la compagnie devra informer le passager par voie électronique dans les 96 heures suivant l’arrivée, accuser réception de sa réclamation, puis répondre sous 30 jours, en payant ou en motivant un refus. Les passagers qui demandent un réacheminement devront recevoir une solution dans les trois heures, éventuellement sur les vols d’une autre compagnie. Les délais, eux, changent.

Faute de proposition dans ce délai, le passager organise lui-même son trajet et demande le remboursement de ses frais, plafonné à 400 % du prix du billet. La hiérarchie du palmarès annuel ne mesure rien de tout cela : elle classe la satisfaction des passagers, quand ces délais se comptent en heures.

Ce qu’on nous demande le plus

Le bagage en soute est-il moins cher en ligne ?

Chez Transavia, 15 kg coûtent à partir de 29,99 € sur le site et 70 € au comptoir de l’aéroport, pour un aller simple. L’achat en ligne reste possible jusqu’à deux heures avant le départ, et l’excédent pesé à l’aéroport est facturé à partir de 15 € le kilo.

Que se passe-t-il si je ne prends pas mon vol aller ?

Chez Air France, le retour n’est pas annulé : ses conditions générales appliquent un supplément de 150 € en Economy et 300 € en Business sur les vols Europe, et de 500 € à 1 500 € sur les intercontinentaux. Rien n’est dû si un nouveau billet vers la même destination est acheté et utilisé dans les 24 heures.

Comment se passe une réclamation d’indemnité ?

L’accord européen de juin 2026 impose à la compagnie d’informer le passager dans les 96 heures suivant l’arrivée d’un retard indemnisable, puis de répondre sous 30 jours, en payant ou en motivant un refus. La demande se dépose auprès du transporteur.

La compagnie peut-elle me réacheminer sur un concurrent ?

Oui. Le texte prévoit une solution dans les trois heures, sur ses vols, ceux d’une autre compagnie ou un autre mode de transport, aux frais du transporteur. Si rien n’est proposé, le passager organise son trajet et demande le remboursement de ses frais, plafonné à 400 % du prix du billet.

Que récupérer sur un billet non remboursable ?

Les taxes aéroportuaires liées à un vol non utilisé sont remboursables chez Air France, comme le prévoit l’article 14 de ses conditions générales de transport. La surcharge carburant ne l’est pas, et les frais d’émission, de service ou de paiement restent dus.

Sources : DGAC, Bulletin statistique du trafic aérien commercial 2025, Cour de justice de l’Union européenne, arrêt Vueling du 18 septembre 2014, Conseil de l’Union européenne, droits des passagers aériens, Air France, Conditions Générales de Transport, Transavia, tarifs des bagages en soute.

Sources utilisées

  1. DGAC, Bulletin statistique du trafic aérien commercial 2025
  2. Cour de justice de l’Union européenne, arrêt Vueling du 18 septembre 2014
  3. Conseil de l’Union européenne, droits des passagers aériens
  4. Air France, Conditions Générales de Transport
  5. Transavia, tarifs des bagages en soute

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