Rubrique · Billet d’avion par destination : prix et compagnies

Billet avion États-Unis : l’ESTA à 40 $, pas de visa à 185 $

Par Laurent Filaou Mis à jour le 5 sources

un plan de travail avec un passeport ferme, une carte et une tasse, vue du dessus

Quarante dollars par personne, un nourrisson compris, depuis le 30 septembre 2025. L’ESTA est passé de 21 à 40 $ en une nuit, et il ne garantit rien à l’arrivée : l’officier des douanes américaines tranche seul, à l’aéroport. Un billet avion vers les États-Unis se joue donc sur des documents qui ne se rattrapent pas au comptoir.

Un ESTA à 40 $ par personne, valable deux ans

Un ESTA coûte 40 $ et couvre deux ans de voyages. Le tarif est passé de 21 à 40 $ le 30 septembre 2025, sous l’effet de la loi américaine du 4 juillet 2025, et l’avis publié au Federal Register le 28 août 2025 en détaille les trois parts : 17 $ de promotion touristique, 10 $ de frais de fonctionnement et 13 $ versés au Trésor américain. Deux ans, cela veut dire plusieurs séjours de 90 jours au plus, sans nouvelle demande. Une nuance que les comparateurs de billets passent sous silence : la validité suit le passeport, et une autorisation délivrée sur un document qui expire dans six mois n’est valable que six mois. À 40 $ pour deux ans, le coût par voyage descend sous les 20 $, à condition de vérifier la date de fin du passeport avant de lancer la demande.

Coût des autorisations d’entrée aux États-Unis, tarifs officiels en vigueur depuis le 30 septembre 2025
Autorisation Coût par personne Validité de l’autorisation Validité des frais versés
ESTA, séjour de 90 jours au plus 40 $ 2 ans, ou jusqu’à l’expiration du passeport Acquise, l’autorisation n’est pas remboursable
Visa B1/B2, affaires, tourisme et soins 185 $ Fixée par le consulat à la délivrance 365 jours, pour une seule demande
Visa H, O, P, Q, R et L, travail temporaire 205 $ Fixée par le consulat à la délivrance 365 jours, pour une seule demande
Visa E1, E2 et E3, commerçant et investisseur 315 $ Fixée par le consulat à la délivrance 365 jours, pour une seule demande

Une divergence subsiste entre deux sources officielles, et elle ne concerne que les arrivées par la route. La fiche de Service Public consacrée aux formalités américaines mentionne encore 6 $ de frais I-94W pour une entrée par le train ou la voiture depuis le Canada ou le Mexique. L’avis du CBP publié au Federal Register le 28 août 2025 porte le total à 30 $ pour ces mêmes passages depuis le 30 septembre 2025, soit 6 $ de frais terrestre et 24 $ ajoutés par la loi. En avion, la question ne se pose pas : le formulaire I-94 est généré automatiquement et rien ne s’y ajoute.

Le visa de visiteur B1/B2, lui, coûte 185 $ par personne, et la somme ne se récupère pas. Les frais expirent au bout de 365 jours, ne couvrent qu’une seule demande et ne se transfèrent pas vers un autre pays que celui du paiement. Pour le contraste, un billet vers Madrid ou Barcelone n’engage aucun frais de dossier : France Diplomatie rappelle que l’Espagne étant membre de l’Union européenne, un ressortissant français y entre librement avec un passeport ou une carte nationale d’identité en cours de validité.

La France échappe à la règle des six mois de validité du passeport

La France figure sur la liste des pays dont les ressortissants sont dispensés de la règle des six mois de validité du passeport. Un voyageur français présente donc un passeport valable pour la durée de son séjour, et rien de plus. Le CBP a diffusé cette liste dans une note du Carrier Liaison Program datée du 16 mars 2022, qui remplace les éditions antérieures des Carrier Information Guides. La confusion vient de là : la règle générale existe bien, elle vise les autres nationalités, et des pages de conseils la recopient sans la vérifier. Un passeport qui expire trois semaines après le retour fait l’affaire, à deux conditions. Il doit porter la puce électronique, et l’ESTA doit avoir été demandé sur ce même document. Renouvelez le passeport, et l’autorisation tombe avec lui.

La limite tient au type de document, pas à sa date. Un passeport de secours ou temporaire n’ouvre pas le Visa Waiver Program, et Service Public indique qu’il faut alors un visa, y compris pour un simple transit vers un autre pays. Le même document rappelle que la délivrance d’un visa prend plusieurs semaines, ce qui exclut un départ arrangé en quinze jours.

Depuis New York, le règlement européen ne suit plus le passager

Le règlement européen 261/2004 protège un passager au départ des États-Unis seulement si la compagnie qui opère le vol est européenne. L’article 3, paragraphe 1, point b, pose cette condition explicitement : un retour New York-Paris assuré par Delta ou United échappe au texte, et donc à l’indemnité de 600 € prévue au-delà de 3 500 km. Le même trajet opéré par Air France y reste soumis. À l’aller, la logique s’inverse et se simplifie : tout vol qui quitte un aéroport de l’Union entre dans le champ, quelle que soit la compagnie inscrite sur le billet. Sur un aller-retour Paris-New York, la protection change donc de camp à mi-parcours, selon le transporteur qui réalise le vol. Deux billets au même prix n’ouvrent pas les mêmes droits.

Deux régimes de protection sur un aller-retour Paris-New York
Régime applicable Vol couvert Seuil qui ouvre le droit Ce que le passager obtient Délai de versement
Règlement (CE) n° 261/2004 Vol quittant un aéroport de l’Union, ou vol vers l’Union opéré par une compagnie européenne Annulation, ou arrivée avec 3 heures de retard ou plus 600 € au-delà de 3 500 km, hors circonstances extraordinaires Remboursement du billet sous 7 jours, indemnité sans délai fixé
Règle américaine sur les remboursements Vol au départ ou à destination des États-Unis, ou vol intérieur américain Décalage de 6 heures ou plus sur un vol international, ou annulation Remboursement du billet et des frais annexes, sans indemnité 7 jours ouvrés par carte bancaire, 20 jours calendaires autrement

Sur le retour, le passager n’est pas sans recours : il change de régime. Le département américain des Transports impose, depuis une règle finale d’avril 2024, un remboursement automatique lorsque le vol international est décalé de six heures ou plus, et il couvre les vols au départ comme à destination des États-Unis. L’Europe verse une indemnité sans rendre le billet, l’Amérique rend le billet sans indemniser le temps perdu. Un Paris-Fort-de-France ne connaît pas ce partage, la Martinique étant un département français.

Un bagage livré avec quinze heures de retard fait rembourser sa franchise

Un bagage en soute qui n’arrive pas dans les quinze heures après un vol international de douze heures ou moins ouvre droit au remboursement de la franchise payée. Le seuil monte à trente heures au-delà de douze heures de vol, selon la page consacrée aux remboursements du département américain des Transports. Le décompte part du moment où le passager peut descendre de l’avion à sa destination finale et s’arrête quand il récupère sa valise. Trois exceptions retirent ce droit : un voyageur qui a omis de récupérer puis de réenregistrer son bagage au premier point d’entrée américain, un bagage laissé à l’aéroport, et une livraison différée acceptée d’un commun accord. Le rapport d’irrégularité bagage déposé auprès de la compagnie reste la pièce qui déclenche tout, et la demande se fait auprès du transporteur, jamais auprès du site marchand.

Au-delà de la franchise, la responsabilité de la compagnie est plafonnée. Depuis le 28 décembre 2024, un transporteur doit 1 519 droits de tirage spéciaux par passager pour un bagage détruit, perdu ou retardé, soit environ 2 000 $ au cours retenu par l’OICA. La même révision de l’organisation porte à 6 303 DTS, environ 8 400 $, le plafond pour le retard d’un passager. Ces montants sont par passager, pas par valise.

Une montre à 500 € rapportée des États-Unis se taxe sur 500 €

Au retour des États-Unis, la franchise douanière française est de 430 € par voyageur de 15 ans et plus, et de 150 € en dessous. Elle tombe à 300 € pour une arrivée en voiture ou en train. Le piège tient au calcul du dépassement : au-delà du seuil, la TVA et les droits de douane s’appliquent sur la totalité du prix figurant sur la facture d’achat, et non sur la différence. Une montre achetée 500 € se taxe donc sur 500 €, pas sur les 70 € qui excèdent la franchise. Comme la franchise est individuelle, un couple en dispose de deux, soit 860 €, et un enfant de moins de 15 ans ne compte que pour 150 €.

Les alcools et le tabac suivent un barème séparé, sans compensation avec la valeur des autres achats : 1 litre au-dessus de 22 degrés, 2 litres en dessous, 4 litres de vin et 16 litres de bière par personne, et 200 cigarettes pour les voyageurs de 17 ans et plus. Dans l’autre sens, les États-Unis réclament une déclaration à partir de 10 000 $ transportés, en liquide comme en instruments monétaires, sur le formulaire FinCEN 105. Un retour de Bangkok relève des mêmes seuils, l’Indonésie et la Thaïlande étant hors Union européenne.

  1. Vérifier la date d’expiration du passeport avant de demander l’ESTA, l’autorisation ne survivant pas au document qui la porte.
  2. Garder les factures des achats, la douane calculant sur le prix payé et non sur une estimation.
  3. Additionner les achats par voyageur, chaque adulte disposant de 430 € et chaque enfant de 150 €.
  4. Déclarer les objets qui dépassent la franchise, la déclaration étant obligatoire au-delà du seuil.

Ce qu’on nous demande le plus

Combien coûtent les formalités avant un vol vers les États-Unis ?

Comptez 40 $ par personne pour l’ESTA, valable deux ans, ou 185 $ par personne pour un visa de visiteur B1/B2. Les deux se paient avant l’achat du billet, et les 185 $ ne sont pas remboursés en cas de refus.

ESTA ou visa, comment savoir lequel me concerne ?

L’ESTA suffit pour un séjour de 90 jours au plus avec un passeport français électronique. Le visa devient nécessaire avec un passeport de secours, pour un séjour plus long, ou après un séjour à Cuba depuis le 12 janvier 2021. Comptez alors plusieurs semaines de démarche.

Combien de temps avant le départ faut-il demander l’ESTA ?

La décision tombe en général dans les 72 heures, mais rien n’interdit de déposer la demande dès que les dates se précisent. Le CBP conseille même de la déposer avant d’acheter le billet, un refus se rattrapant mal la veille du départ.

Mon passeport expire trois mois après le retour, est-ce un problème ?

Non. La France figure sur la liste des pays dispensés de la règle des six mois de validité : un passeport valable pour la durée du séjour suffit, selon la note du CBP du 16 mars 2022. Il doit en revanche être électronique, et l’ESTA avoir été demandé sur ce passeport.

Le vol de retour est annulé à New York, qui me dédommage ?

Si le vol est opéré par une compagnie américaine, le règlement européen ne s’applique pas : vous obtenez le remboursement du billet, pas l’indemnité de 600 €. Ce remboursement est dû sous 7 jours ouvrés pour un paiement par carte bancaire, 20 jours calendaires autrement. Si Air France opère le vol, l’indemnité européenne s’y ajoute.

Sources : Federal Register, frais d’immigration du CBP exigés par la loi HR-1, 28 août 2025, Service Public, formalités pour un voyage aux États-Unis, Département américain des Transports, remboursements et droits des passagers, Règlement (CE) n° 261/2004 sur les droits des passagers aériens, Douane française, franchises douanières et fiscales en quantités et en valeurs.

Sources utilisées

  1. Federal Register, frais d’immigration du CBP exigés par la loi HR-1, 28 août 2025
  2. Service Public, formalités pour un voyage aux États-Unis
  3. Département américain des Transports, remboursements et droits des passagers
  4. Règlement (CE) n° 261/2004 sur les droits des passagers aériens
  5. Douane française, franchises douanières et fiscales en quantités et en valeurs

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