Rubrique · Billet d’avion par destination : prix et compagnies

Changer la date de retour d’un billet d’avion : le vrai tarif

Par Laurent Filaou Mis à jour le 5 sources

un plan de travail avec un passeport ferme, une carte et une tasse, vue du dessus

Un aller-retour acheté 39 € devient intouchable dès qu’on veut rentrer deux jours plus tard : le tarif d’appel ne prévoit aucune modification. Changer une date de retour reste pourtant possible chez presque tous les transporteurs, y compris la veille du départ. Le prix n’obéit ni au hasard ni au nom de la compagnie, mais à la gamme de billet choisie et au nombre de jours qui restent avant le décollage.

Le tarif commande, pas le transporteur

Les conditions de vente se lisent sur trois lignes. Une gamme sans option de modification ferme la porte, une gamme intermédiaire facture des frais, une gamme Flex les efface. Le classement des compagnies ne dit rien de ce point, et deux billets du même vol peuvent ne pas avoir les mêmes droits.

Ryanair facture 45 € de frais par passager et par vol simple pour un changement effectué en ligne, et 60 € quand la demande passe par le centre de réservation ou le comptoir de l’aéroport, selon ses conditions générales publiées. Le tarif a été relevé le 19 septembre 2026, et il ne comprend pas la différence de prix entre l’ancien et le nouveau billet. Transavia vend une option Flex à partir de 10 € par personne et par aller simple qui supprime les frais, quand ses tarifs Basic et Smart les facturent. Chez Air France, l’option payante Change&Fly autorise une modification jusqu’à 14 jours avant le départ sur un billet Basic court ou moyen-courrier, sans effacer la différence tarifaire.

La leçon tient en une phrase. Le billet le moins cher est celui qui se change le plus mal.

Attendre fait passer la facture de 60 à 89 €

Transavia a changé son barème pour les réservations effectuées à partir du 12 mars 2026. La date d’achat du billet décide du montant applicable, pas la date du voyage. Le délai restant décide du reste : le même changement coûte 60 € demandé six jours avant le départ, et 89 € à partir de cinq jours.

Frais de modification Transavia, réservations effectuées à partir du 12 mars 2026, relevés le 19 septembre 2026
Gamme Jusqu’à 6 jours avant le départ À partir de 5 jours avant
Basic et Smart 60 € par siège et par vol 89 € par siège et par vol
Plus Gratuit jusqu’à 14 jours avant, 60 € ensuite 89 € par siège et par vol
Flex Aucun frais, modification acceptée jusqu’à 2 heures avant le départ Aucun frais
Max Aucun frais, modification acceptée jusqu’à 2 heures avant le départ Aucun frais

Une ligne du barème se lit mal et coûte 10 € de plus. Toute modification payante réalisée par le service client ajoute 10 € par siège et par vol, un supplément que la compagnie n’applique pas depuis son espace en ligne. Deux canaux, deux prix, pour le même geste, et rien ne le signale au moment du clic.

Un retour moins cher ne vous rapporte rien

La différence tarifaire ne fonctionne que dans un sens. Ryanair l’écrit noir sur blanc : si le nouveau tarif est moins cher que l’ancien, la différence n’est pas remboursée, et les frais de changement restent dus. easyJet applique la même règle sur sa page d’aide, en précisant que les frais s’appliquent à chaque passager et à chaque vol concernés par la modification.

Déplacer un retour du mardi au mercredi pour économiser 20 € de tarif revient donc à payer 45 € chez Ryanair, sans récupérer l’écart. Personne ne vous le rendra. C’est absurde, mais c’est la règle, et elle se retourne contre le passager qui croyait bien faire en choisissant un vol moins demandé.

Rater le vol aller peut effacer le retour

La clause de non-présentation frappe plus fort qu’un changement de date. Un billet doit être utilisé dans l’ordre d’émission de ses coupons : ne pas se présenter à l’aller autorise la compagnie à annuler le retour, ou à réclamer un supplément tarifaire. Le ministère chargé des transports l’a confirmé dans une réponse publiée au Journal officiel du 18 mars 2021, en s’appuyant sur un arrêt de la Cour de cassation du 26 avril 2017 qui écarte le caractère abusif de cette clause.

Le débat européen reste ouvert. Le Parlement européen s’est prononcé en faveur de l’interdiction du refus d’embarquement fondé sur cette clause, et la Commission européenne a cherché des moyens d’en atténuer les effets, sans aboutir. La révision du règlement (CE) n° 261/2004, engagée en 2013, est toujours en suspens. Sur ce point, les compagnies ne sont pas toutes claires, et ce qui compte pour vous reste la mention portée dans vos conditions tarifaires.

Vingt-quatre heures pour se corriger, aucun droit de rétractation en Europe

Ryanair ouvre une fenêtre de 24 heures après la réservation pour corriger une erreur de date ou d’heure, et même inverser l’itinéraire, sans frais de changement. La différence tarifaire reste due. Passé ces 24 heures, le barème normal reprend, et la correction d’une date saisie de travers coûte plein tarif.

Aucun délai de rétractation de quatorze jours ne protège un acheteur de billet d’avion en Europe : la directive sur les contrats à distance exclut le transport de passagers de son champ d’application. La protection vient d’ailleurs, et pas toujours d’où on l’attend. Sur un vol à destination, en provenance ou à l’intérieur des États-Unis, la règle américaine des 24 heures oblige la compagnie à conserver le prix sans paiement pendant 24 heures, ou à rembourser sans pénalité une annulation faite dans ce délai, pour toute réservation prise au moins sept jours avant le départ et effectuée directement auprès du transporteur. Deux limites comptent : une réservation passée chez une agence ou un comparateur échappe à ce dispositif, et un aller-retour européen qui ne touche pas les États-Unis n’y a droit à aucun moment.

Ce qui se récupère quand le changement coûte trop cher

Renoncer au retour n’efface pas la totalité de la dépense. La DGCCRF rappelle dans sa fiche du 27 mai 2026 que les taxes et redevances doivent être remboursées par les agences de voyage et les compagnies lorsque le transport n’a pas lieu, que le voyage soit annulé ou que le passager y renonce. Cette part figure sur la confirmation de réservation, ligne par ligne, et elle survit à un billet non remboursable. Réclamer les taxes d’un billet non utilisé se fait en ligne, gratuitement, sans passer par un prestataire.

Un autre délai a bougé en 2026. Depuis le 7 février 2026, la médiation préalable est obligatoire avant toute action en justice dans un litige de consommation avec un transporteur, et son absence peut rendre la demande irrecevable. Une réclamation écrite auprès de la compagnie reste la première étape, et la copie de cette réclamation est exigée ensuite par le médiateur comme par la DGAC.

Modifier la date en ligne, dans l’ordre

  1. Relire la gamme du billet avant tout calcul. Basic, Light ou Standard ferment souvent la modification, Flex et Max l’ouvrent : ce point se lit en haut des conditions tarifaires, pas dans les notes de bas de page.
  2. Repérer l’heure limite. Ryanair accepte les changements en ligne jusqu’à 2 h 30 avant le départ du vol d’origine ou du nouveau vol, le plus tôt des deux ; easyJet jusqu’à 2 heures avant le départ, même après l’enregistrement.
  3. Comparer trois montants avant de cliquer : les frais de modification, la différence tarifaire et le prix d’un billet neuf. Le prix d’un billet neuf vers la même destination sort souvent gagnant sur un tarif d’appel, surtout à quelques jours du départ.
  4. Payer depuis l’espace en ligne de la compagnie. Transavia ajoute 10 € par siège et par vol pour une modification traitée par son service client.
  5. Refaire l’enregistrement et réimprimer la carte d’embarquement après le changement : easyJet le rappelle sur sa page d’aide, et les bagages déjà payés suivent automatiquement la réservation.
  6. Guetter la fenêtre tarifaire sur un long-courrier. Un retour de Thaïlande déplacé en pleine saison peut coûter plus cher à modifier qu’à racheter.

Les longs courriers amplifient la note, sans plafond. Sur un retour des Antilles, la différence tarifaire d’un billet déplacé en pleine saison dépasse largement les 45 à 89 € réclamés par un transporteur à bas prix. Avant de payer, tester plusieurs dates de retour donne le tarif du créneau visé et évite de régler des frais pour retomber sur un jour plus cher que celui du billet d’origine.

Ce qu’on nous demande le plus

Peut-on changer la date de retour d’un billet non modifiable ?

En principe non : la gamme achetée fixe les droits du billet, et un tarif d’appel ferme la modification. Deux exceptions existent. Ryanair autorise la correction d’une erreur de date dans les 24 heures suivant la réservation, sans frais de changement, mais la différence tarifaire reste due. Et les taxes du trajet restent récupérables même sans modification possible.

Combien coûte un changement de date chez Ryanair ?

45 € par passager et par vol simple en ligne, 60 € par le centre de réservation ou au comptoir de l’aéroport, selon les conditions générales du transporteur. La différence entre l’ancien et le nouveau tarif s’ajoute, et si le nouveau vol est moins cher, l’écart n’est pas remboursé.

Faut-il modifier le billet ou en racheter un ?

Additionnez les trois montants : frais de modification, différence tarifaire, prix d’un billet neuf sur la date visée. Sur un tarif d’appel long-courrier, la différence tarifaire dépasse souvent le prix d’un nouveau billet, et les frais ne sont alors qu’une partie de la perte. Aucune règle générale ne permet de trancher à votre place, la comparaison prend dix minutes.

Que se passe-t-il si je ne prends pas le vol aller ?

La compagnie peut annuler votre retour ou vous facturer un supplément. Le ministère chargé des transports a confirmé ce point dans une réponse publiée au Journal officiel du 18 mars 2021, appuyée sur un arrêt de la Cour de cassation du 26 avril 2017. Chez Air France, l’utilisation non conforme des coupons constatée le jour du voyage coûte 150 € en Economy sur les vols Europe.

Puis-je récupérer quelque chose si je ne prends pas le retour ?

Oui, les taxes et redevances. La DGCCRF rappelle dans sa fiche du 27 mai 2026 que les compagnies et les agences doivent les rembourser lorsque le transport n’a pas lieu, y compris quand le passager renonce de lui-même. La demande se fait en ligne et ne coûte rien.

Sources : Transavia — Frais de modification d’un vol, Ryanair — Flight change fees, easyJet — Changer de vol et de nom, Sénat — Politique du « no show » des compagnies aériennes, DGCCRF — Voyager en avion : quels droits pour les passagers.

Sources utilisées

  1. Transavia — Frais de modification d'un vol
  2. Ryanair — Flight change fees
  3. easyJet — Changer de vol et de nom
  4. Sénat — Politique du « no show » des compagnies aériennes
  5. DGCCRF — Voyager en avion : quels droits pour les passagers

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