Rubrique · Billet d’avion par destination : prix et compagnies
Faut-il imprimer son billet d’avion ou suffit-il du téléphone
Par Laurent Filaou Mis à jour le 5 sources

À l’aéroport de Beauvais, un téléphone éteint oblige une famille à remonter au comptoir. Personne ne lui a demandé son billet d’avion : ce que la compagnie scanne, c’est la carte d’embarquement. Alors faut-il l’imprimer ? Ryanair ne délivre plus que des cartes numériques depuis le 12 novembre 2025, tandis qu’easyJet refuse la version mobile dans vingt aéroports de son réseau. Tout dépend de votre point de départ.
Vingt aéroports européens n’acceptent pas la carte sur téléphone
easyJet publie la liste sur son site, et elle compte vingt aéroports répartis dans dix pays, du Maroc à la Laponie finlandaise, ce qui veut dire que la question du papier ne se joue pas entre Schengen et hors Schengen mais entre un aéroport et un autre, sur des vols de la même compagnie et souvent au même prix. Derrière l’application qui affiche une carte d’embarquement parfaitement lisible, le filtre de sûreté lit un papier. Relevé sur easyjet.com le 19 septembre 2026.
| Pays | Aéroports (code IATA) |
|---|---|
| Maroc | Agadir (AGA), Essaouira (ESU), Marrakech (RAK), Rabat-Salé (RBA), Tanger-Ibn Battouta (TNG) |
| Égypte | Charm el-Cheikh (SSH), Hurghada (HRG), Louxor (LXR), Marsa Alam (RMF), Sphinx-Le Caire (SPX) |
| Tunisie | Djerba (DJE), Enfidha-Hammamet (NBE) |
| Turquie | Antalya (AYT), Izmir (ADB) |
| Albanie | Tirana (TIA) |
| Jordanie | Aqaba (AQJ) |
| Serbie | Belgrade (BEG) |
| Kosovo | Pristina (PRN) |
| Finlande | Ivalo (IVL) |
| Grèce | Sitia (JSH) |
Deux de ces villes sont en Europe. Ivalo, en Laponie finlandaise, et Sitia, à l’est de la Crète, figurent sur la liste, ce qui ruine l’idée reçue d’un papier réservé aux pays lointains. Un séjour en Grèce en pleine saison peut donc buter sur un détail d’imprimante, comme pour préparer un vol vers Athènes ou Héraklion.
Ryanair applique une règle du même ordre au Maroc : la carte numérique s’échange contre une version imprimée à l’aéroport, sauf depuis Marrakech, Fès, Agadir, Tanger, Nador et Oujda. Un vol vers le Maroc reste donc celui où cette étape se prépare avant de partir.
Une impression pâle bloque le portique autant qu’un écran éteint
L’imprimante ne protège de rien en soi. Le programme de fidélité de Lufthansa, Miles & More, écrit que « toute dégradation ou faible qualité de la résolution ou de l’impression pourrait nuire à la réussite du scan ». Un code à barres tiré en mode économique, sur un papier gris ou plié en deux tombe exactement dans ce cas.
Le scan demande du contraste et de la netteté. Une cartouche à moitié vide produit une carte que la lectrice de la porte refusera, et le passager repart au comptoir avec un vol à prendre.
Le papier ne pardonne pas.
Ce que le code à barres laisse lire à qui ramasse votre carte
L’IATA encadre le format des cartes d’embarquement depuis sa résolution 792. Le code à deux dimensions, de type PDF417, Aztec ou QR, y contient le nom du passager, la référence de réservation, le numéro de vol, la date et le siège. Ces informations sont écrites en clair : une application de lecture de code les affiche sans clé ni mot de passe.
Une carte oubliée dans la pochette du siège, ou jetée entière dans une corbeille d’aéroport, laisse donc votre nom et votre référence de réservation à portée de main. Déchirer la carte après le vol coûte deux secondes. Photographier sa carte et la publier au retour des vacances expose la même chose à un public plus large.
Deux secondes suffisent.
La batterie à plat ne coûte rien, l’oubli du check-in coûte jusqu’à 55 €
Le prix se joue sur l’heure de l’enregistrement, pas sur l’état du téléphone. Ryanair facture 55 € par passager l’enregistrement au comptoir, 30 € pour les vols au départ de l’Espagne et 40 € au départ de l’Autriche, d’après la grille publiée sur son site. La compagnie ajoute que plus de 99,99 % des passagers s’enregistrent en ligne avant d’arriver. C’est absurde, mais c’est la règle.
Volotea fonctionne à l’envers. Le service d’enregistrement à l’aéroport se prépaye 10 € par passager, moitié prix du tarif normal, et grimpe à 30 € au guichet pour qui se présente sans carte imprimée. Les montants ci-dessous viennent des sites des transporteurs.
| Compagnie | Ce qui déclenche le frais | Montant | Ce qui reste gratuit |
|---|---|---|---|
| Ryanair | Passager non enregistré en ligne à son arrivée | 55 € (30 € depuis l’Espagne, 40 € depuis l’Autriche) | Carte remise à l’aéroport si l’enregistrement en ligne est fait |
| Volotea | Aucune carte imprimée présentée au guichet | 30 € par passager | Service d’enregistrement prépayé à 10 € par passager |
| Wizz Air | Carte marquée « invalide » ou « pas une carte d’embarquement » | 0 € | Vérification des documents au comptoir, trois heures avant le vol |
| easyJet | Départ d’un aéroport qui refuse la carte mobile | Aucun frais annoncé | Impression faite par le passager depuis son compte en ligne |
Un cas mérite d’être connu, celui de la carte refusée par un lecteur. Wizz Air écrit qu’une carte marquée « invalide » ou « pas une carte d’embarquement » s’échange au comptoir, trois heures avant le vol, sans frais supplémentaires. Ces 55 € pèsent dans un aller-retour acheté 40 €, d’où l’intérêt de comparer les liaisons au départ de France, destination par destination, compagnie par compagnie.
Sans smartphone, la carte se retire au comptoir sans frais
Ryanair l’écrit dans sa foire aux questions : le passager qui n’a ni téléphone ni tablette reçoit gratuitement sa carte à l’aéroport, à condition d’avoir fait son enregistrement en ligne avant d’arriver. Volotea imprime sans frais dans plusieurs situations, dont le voyage avec un bébé, avec un animal ou un chien guide, l’assistance spéciale demandée à l’aéroport, le billet en standby, le transport d’armes et le départ d’un aéroport qui n’accepte pas la validation en ligne.
La règle vaut aussi pour un enfant qui n’a pas de téléphone : chaque passager a besoin de sa propre carte, et c’est le comptoir qui la fournit. Volotea attribue le siège du bébé le jour du vol, ce qui rend l’impression automatique pour cette place.
Le comptoir la donne.
La borne de l’aéroport imprime une carte dès cinq heures avant le vol
Paris Aéroport indique que la borne en libre-service est accessible dès cinq heures avant le décollage et qu’elle imprime une carte d’embarquement dématérialisée, ainsi que l’étiquette de bagage. Air France cite aussi la borne parmi les façons de retirer sa carte, à côté du mail, du téléphone et du comptoir. Un départ vers la Guadeloupe ou un long-courrier vers la Thaïlande se prépare donc sans imprimante, depuis un aéroport français.
La limite est française. À l’étranger, la borne n’existe pas partout et le guichet applique le tarif de la compagnie, celui des 55 € ou des 30 €. La question du support se règle donc à l’aller, jamais dans la file du retour.
Ce qu’on nous demande le plus
Je pars d’Agadir ou de Marrakech avec easyJet, je dois imprimer ma carte ?
Oui. Ces deux aéroports figurent sur la liste easyJet des vingt villes qui refusent la carte mobile, avec Essaouira, Rabat-Salé et Tanger. L’impression se fait après l’enregistrement en ligne.
Mon téléphone est éteint au contrôle, combien ça me coûte ?
Rien chez Ryanair si l’enregistrement en ligne a été fait : une carte est remise gratuitement à l’aéroport. Chez Volotea, la carte absente au guichet coûte 30 € par passager.
Mon imprimante ne marche pas, où imprimer avant de partir ?
À la borne libre-service de l’aéroport, accessible dès cinq heures avant le décollage à Paris, selon Paris Aéroport. Transavia renvoie aussi vers ses comptoirs d’enregistrement.
Faut-il une carte par personne, même pour un bébé ?
Oui, chaque passager a la sienne. Volotea attribue le siège du bébé le jour du vol, et l’impression au comptoir reste alors gratuite.
J’ai changé mon vol après l’enregistrement, ma carte est-elle encore valable ?
Non. Wizz Air rappelle qu’après une modification il faut vérifier que l’enregistrement correspond au nouveau vol, puis récupérer la nouvelle carte, sur l’application ou en PDF.
Sources : easyJet, Cartes d’embarquement mobiles, Ryanair, Frais, Volotea, Enregistrement à l’aéroport, Wizz Air, Problèmes de carte d’embarquement, IATA, Bar Coded Boarding Pass Implementation Guide.