Rubrique · Bagage avion : ce qui passe en cabine et part en soute
Batterie de 160 Wh en avion : l’accord obligatoire dès 100 Wh
Par Laurent Filaou Mis à jour le 5 sources

Une batterie de 165 Wh ne monte plus à bord, même avec l’accord de la compagnie. Le seuil de 160 Wh vient de l’OACI : au-delà, la batterie part en fret, jamais avec vous. Entre 100 et 160 Wh, il reste une porte étroite : un accord préalable de la compagnie, et deux batteries au maximum par passager selon le livret de la DGAC.
160 Wh, le plafond au-delà duquel la batterie n’embarque plus
Au-delà de 160 Wh, une batterie au lithium-ion ne voyage plus avec vous. Le seuil figure dans la table du guide IATA du 31 mars 2026, qui reprend les Instructions techniques de l’OACI : jusqu’à 100 Wh, aucune formalité ; de 100 à 160 Wh, l’accord de la compagnie est exigé ; au-dessus de 160 Wh, la batterie doit être préparée comme du fret. Le classement vaut pour la batterie seule comme pour l’appareil qui l’incorpore, et il rejoint les règles qui s’appliquent au bagage en avion.
Le seuil se lit batterie par batterie, jamais comme un total de sac. Deux accumulateurs de 80 Wh ne déclenchent aucune formalité ; un seul bloc de 170 Wh est refusé, même si le reste du sac reste sous les plafonds. Une batterie installée dans un appareil suit ce classement, et le retrait du boîtier la fait changer de catégorie.
| Énergie nominale | Dans un appareil | Batterie de rechange | Batterie externe | Accord de la compagnie |
|---|---|---|---|---|
| 100 Wh ou moins | Cabine ou soute, appareil éteint | Cabine uniquement, 20 au maximum | Cabine, 2 au maximum | Non |
| Plus de 100 à 160 Wh | Cabine ou soute | Cabine uniquement, 2 par appareil | Interdite | Oui, avant le départ |
| Plus de 160 Wh | Refusée | Refusée | Refusée | Aucun accord possible |
Le livret de la Direction générale de l’aviation civile confirme la règle en une ligne : deux batteries par passager au maximum entre 100 et 160 Wh, avec l’accord de la compagnie, et l’interdiction au-dessus. Refus possible au portique. La soute n’offre aucune dérobade pour un accumulateur, alors qu’elle accueille sans problème d’autres objets de la valise, comme les flacons qui descendent en soute.
Le palier de 100 à 160 Wh ne sauve pas la batterie externe
Une batterie externe de 130 Wh reste interdite à bord, malgré le palier de 100 à 160 Wh qui autorise ailleurs les batteries de rechange avec accord. La table du guide IATA du 31 mars 2026 est explicite : dans cette tranche, la ligne power bank porte la mention « Forbidden », sans procédure d’approbation. Elle figure noir sur blanc.
Les compagnies n’aident pas à y voir clair. Air France affiche encore qu’une batterie externe de 100 à 160 Wh exige un accord de transport, quand easyJet annonce une approbation automatique jusqu’à 160 Wh et que Ryanair refuse tout ce qui dépasse 100 Wh. Depuis le 27 mars 2026, l’OACI plafonne les batteries externes à deux par passager et interdit de les recharger en vol. Une power bank de 130 Wh peut donc voyager sur un vol Air France avec accord et être refusée par Ryanair.
Une étiquette sans valeur Wh expose la batterie au refus
Toute batterie au lithium-ion doit porter sa valeur en watt-heures sur son boîtier, et l’agent doit pouvoir la lire. Le guide de l’IATA prévoit que si le personnel ne parvient pas à vérifier la valeur en watt-heures, sur le boîtier ou dans la documentation du fabricant, l’opérateur peut refuser le transport. La formule tient en quatre signes : Wh = Ah × V, la capacité en ampères-heures multipliée par la tension nominale. Les mAh ne suffisent pas : la conversion des mAh en Wh dépend de la tension, souvent absente des notices.
L’IATA recommande d’embarquer avec des batteries de rechange et externes sous 25 % de charge, et de les laisser refroidir avant de les ranger. Aucun agent ne mesure ce pourcentage au portique. L’IATA demande de signaler immédiatement à l’équipage toute batterie chaude, fumante ou endommagée.
Un drone de 150 Wh passe avec accord, une trottinette reste au sol
Les petits véhicules motorisés dépassent presque toujours le seuil de 160 Wh. Le guide de l’IATA le note pour les trottinettes et les hoverboards : la plupart embarquent des batteries hors limites, ce qui les renvoie au fret. Un drone suit une autre logique, sa batterie étant classée parmi les appareils électroniques portables : sous 100 Wh, elle voyage comme un téléphone ; de 100 à 160 Wh, l’accord de la compagnie est requis ; au-dessus de 160 Wh, c’est non.
Ryanair resserre encore : les batteries de drone de plus de 100 Wh ne sont pas transportées, ni en cabine ni en soute, et l’appareil lui-même est refusé en soute. Une batterie de rechange reste en cabine dans tous les cas, alors qu’une batterie installée dans un appareil de 100 à 160 Wh peut descendre en soute, appareil éteint, si l’accord a été donné.
L’accord se demande avant l’aéroport, pas au comptoir
L’accord de transport se sollicite avant le départ, auprès de la compagnie ou de l’agence de voyage. L’IATA précise ce que l’opérateur doit pouvoir obtenir : la valeur en Wh de chaque batterie, leur nombre, et le fait qu’elles soient amovibles ou non. Si un seul de ces éléments manque, la compagnie peut refuser l’autorisation. Air France exige cette demande préalable pour toute batterie externe de 100 à 160 Wh, quand easyJet la remplace par une approbation automatique.
Ses plafonds de quantité sont plus larges : quinze appareils équipés et vingt batteries de rechange ou extraites par passager, avec un accord au-delà de ces nombres. Le livret de la DGAC parle, lui, d’un nombre illimité sous 100 Wh ; les deux documents ne disent pas la même chose, et la compagnie tranche au comptoir. Sans dossier, refus.
Quatre gestes avant de boucler le sac.
- Relevez la valeur en Wh, et la tension si seul le milliampère-heure est imprimé.
- Comptez les batteries et les appareils concernés.
- Écrivez à la compagnie ou à l’agence avant le départ, et gardez la réponse écrite avec le billet.
- Protégez chaque batterie de rechange contre les courts-circuits, et gardez-la en cabine.
Au portique, les interdits qui ne concernent que la cabine se vérifient séparément. Et si votre bagage cabine part finalement en soute à la porte d’embarquement, retirez les batteries avant de le confier à l’équipage, comme le rappelle l’IATA.
Ce qu’on nous demande le plus
Cabine ou soute pour une batterie de 130 Wh ?
Une batterie de rechange de 130 Wh voyage en cabine uniquement, avec l’accord de la compagnie. Une batterie installée dans un appareil peut descendre en soute, appareil éteint, si l’opérateur a donné son accord. Une batterie externe de 130 Wh est interdite à bord : la table de l’IATA la classe « Forbidden » dans cette tranche.
Comment obtenir l’accord pour une batterie de 100 à 160 Wh ?
La demande se fait avant le voyage, auprès de la compagnie ou de l’agence. L’IATA précise les éléments à fournir : la valeur en Wh, le nombre de batteries et leur caractère amovible ou non. Chez Air France, l’accord est obligatoire pour toute batterie externe de 100 à 160 Wh.
Que risque une batterie sans valeur Wh lisible ?
Le refus. L’opérateur peut écarter une batterie dont ni le boîtier ni la documentation ne permettent de vérifier la valeur en watt-heures, selon le guide de l’IATA. Toutes les batteries au lithium-ion doivent pourtant porter cette valeur, et une étiquette effacée suffit à faire rester la batterie au comptoir.
Le seuil de 160 Wh concerne-t-il les piles au lithium métal ?
Non. Les piles au lithium métal se mesurent en grammes de lithium, avec une limite passagers de 2 à 8 g réservée aux appareils médicaux au-delà de 2 g, selon la table de l’IATA. Les seuils de 100 et 160 Wh ne visent que le lithium-ion rechargeable.
Combien de batteries peut-on emporter en tout ?
Vingt batteries de rechange au maximum par personne, tous types confondus, et deux batteries externes selon la table de l’IATA. L’OACI a fixé la limite de deux batteries externes le 27 mars 2026, avec interdiction de les recharger en vol. Air France plafonne à quinze appareils et vingt batteries, quand le livret de la DGAC parle d’un nombre illimité sous 100 Wh : les deux textes ne coïncident pas, et la compagnie tranche au comptoir.
Sources : DGAC, livret batteries lithium en cabine ou en soute, IATA, guide passagers sur les batteries lithium du 31 mars 2026, OACI, restrictions sur les batteries externes du 27 mars 2026, Air France, appareils électriques et batteries, Ryanair, articles autorisés à bord.