Rubrique · Bagage avion : ce qui passe en cabine et part en soute
Objet indispensable pour voyager : ce qui coince au portique
Par Laurent Filaou Mis à jour le 5 sources

Deux batteries externes au maximum, aucune recharge en vol, et l’obligation de les garder en cabine : depuis le 27 mars 2026, l’objet indispensable pour voyager est aussi le plus surveillé du sac. Votre carte d’identité joue un autre tour : une date dépassée au verso ne signifie plus qu’elle est périmée, sauf pour les autorités belges.
Une batterie externe ne recharge plus rien en vol, et elle reste en cabine
La décision est passée inaperçue en Europe. Le Conseil de l’Organisation de l’aviation civile internationale, réuni avec les 36 États qui le composent, a approuvé un amendement aux Instructions techniques pour le transport sans risque des marchandises dangereuses par voie aérienne : deux batteries externes au maximum par passager, et l’interdiction de les recharger pendant le vol. Le texte s’applique depuis le 27 mars 2026. Seul l’équipage garde le droit de les utiliser.
Une batterie externe voyage en cabine. Jamais en soute. En dessous de 100 Wh, aucun accord n’est nécessaire ; entre 100 et 160 Wh, l’autorisation de la compagnie devient obligatoire ; au-delà de 160 Wh, elle reste à la maison. La DGAC résume la raison dans le titre de sa fiche : garder ces batteries en cabine, c’est anticiper un risque de feu à bord. Un accessoire pour voyageur autorisé à bord, mais inutilisable en vol : c’est la règle depuis mars 2026.
La puissance se lit sur le boîtier, pas sur la notice du vendeur : la conversion des mAh en Wh exige la tension imprimée à côté des milliampères.
Une carte d’identité périmée depuis moins de cinq ans passe la frontière, sauf en Belgique
Le décret n° 2013-1188 du 18 décembre 2013, entré en vigueur le 1er janvier 2014, a fait passer la validité des cartes nationales d’identité des majeurs de dix à quinze ans. Il couvre les cartes encore valables au 1er janvier 2014, donc délivrées entre le 2 janvier 2004 et le 31 décembre 2013. Rien ne bouge au verso. La date imprimée reste la même, et c’est là que le voyage se complique.
La prolongation a été notifiée aux États signataires de l’accord européen du 13 décembre 1957 le 24 avril 2015, sans objection dans les deux mois. L’Andorre, Monaco, l’Italie et la Suisse l’appliquent. La Belgique a refusé de la prendre en compte. L’Espagne et le Portugal n’avaient toujours pas transmis leur position dans la réponse ministérielle publiée au Journal officiel le 15 juillet 2025, qui conseille de partir avec un passeport valide plutôt qu’avec une carte affichant une date dépassée.
Sur ce point, le contrôle appartient à la police des frontières du pays visité, pas à la compagnie. Les dernières cartes concernées expirent en décembre 2028. D’ici là, le renouvellement anticipé reste possible en préfecture sur justification d’un déplacement à l’étranger. Les cartes au nouveau format, délivrées depuis 2021, sont valables dix ans, comme le rappelle l’Agence nationale des titres sécurisés.
Trois mois de médicaments passent, vingt-huit jours pour les stupéfiants
La douane compte en durée de traitement. Pour un usage personnel, la quantité transportée doit correspondre à l’ordonnance ou, à défaut, à trois mois. Le compteur est en jours. Quand le traitement dépasse trois mois, l’ordonnance originale doit pouvoir être présentée, et la durée totale ne peut pas dépasser un an.
Les médicaments classés stupéfiants ou psychotropes suivent un barème plus serré. Le transport doit être personnel, la quantité compatible avec l’usage thérapeutique prévu, ou vingt-huit jours de traitement à défaut. L’original de la prescription est obligatoire, avec une traduction en anglais hors espace Schengen. Si le pays réclame un certificat, l’ANSM délivre une attestation de transport personnel, à demander par formulaire au moins dix jours avant le départ, pour une durée qui ne dépasse pas la durée maximale de prescription.
La douane renvoie vers l’ambassade ou le ministère de la Santé du pays, seule autorité qui tranche. Dans l’avion, ces traitements restent avec vous : la DGAC classe les médicaments dans ce qui part de préférence en cabine, pas dans la valise enregistrée.
Batterie, ordonnance et papiers voyagent avec vous, pas en soute
La DGAC range le sac en trois familles dans sa fiche « Batteries lithium : anticiper le risque de feu à bord ».
| Objet | Où le mettre | Ce que dit la règle |
|---|---|---|
| Batterie externe, batterie de rechange au lithium | Cabine, obligatoirement | Interdite en soute ; deux par passager, accord de la compagnie entre 100 et 160 Wh (DGAC) |
| Téléphone, ordinateur, appareil photo | De préférence en cabine | Batterie intégrée : la cabine le garde accessible (DGAC) |
| Médicaments et ordonnance | De préférence en cabine | Une valise manquante ne remplace pas un traitement (Douane) |
| Passeport ou carte d’identité | De préférence en cabine | Un titre dans une valise perdue ne sert plus à rien à l’arrivée (DGAC) |
| Espèces | Sur vous ou en cabine | Déclaration à la douane à partir de 10 000 € lors d’un passage de frontière (Douane) |
Le gabarit du sac sous le siège change d’une compagnie à l’autre, et un bagage mesuré à la hâte la veille du départ finit parfois en soute, facturé au tarif de l’enregistrement. Aucune règle unique. La limite en centimètres de votre billet se vérifie avant de boucler. Les objets qui ne passent pas le portique ne relèvent pas de la compagnie mais des interdits de la sûreté aéroportuaire, et le point de départ reste ce que votre billet autorise à bord.
Six gestes la veille, avant de fermer la valise
La check-list d’un départ en avion se résume rarement au passeport et aux billets : elle porte aussi sur ce qui peut être refusé ou compté au moment où le sac passe au portique. Rien ne s’improvise au comptoir.
- Comparez la date de votre carte d’identité avec la règle du pays de destination. En cas de doute, prenez le passeport.
- Sortez les batteries externes de la valise et vérifiez la puissance imprimée en Wh. Au-delà de 100 Wh, demandez l’accord de la compagnie.
- Rassemblez les médicaments dans le sac cabine, ordonnance originale comprise. Comptez la durée du traitement avant de partir.
- Mesurez le bagage cabine, roulettes et poignées comprises, contre les cotes de votre transporteur.
- Préparez la déclaration de douane si vous transportez les espèces au-dessus de 10 000 €. Elle se dépose avant le passage de la frontière, jamais après.
- Gardez papiers, ordonnance et batterie sur vous ou dans le sac sous le siège, pas dans la valise enregistrée.
Ce qu’on nous demande le plus
Ma batterie externe de 20 000 mAh passe-t-elle le contrôle ?
Presque sûrement. La conversion reprise par Air France est Wh = V × Ah : 20 000 mAh, soit 20 Ah sous 3,7 V, font 74 Wh, sous le seuil des 100 Wh.
Ma batterie affiche 120 Wh, que dois-je faire avant le départ ?
Demander un accord de transport avant le départ. Entre 100 et 160 Wh, il est exigé, et le cumul des batteries externes et de rechange ne dépasse pas deux articles par personne en cabine chez Air France.
Ma carte d’identité est périmée depuis trois ans, puis-je embarquer ?
Tant que la prolongation de cinq ans court, elle reste valable en France si elle a été délivrée entre 2004 et 2013. À l’étranger, la réponse appartient au pays de destination : la Belgique refuse ces cartes, et l’Espagne comme le Portugal n’avaient rien publié en 2025.
Combien de mois de médicaments puis-je emporter ?
La durée du traitement prescrit ou, à défaut, trois mois. Au-delà, l’ordonnance originale doit être présentée et la durée totale ne peut pas dépasser un an.
Pourquoi ma batterie n’a-t-elle plus le droit de recharger mon téléphone en vol ?
L’OACI a interdit cette utilisation depuis le 27 mars 2026, en limitant chaque passager à deux batteries externes. L’amendement a été transmis aux 193 États membres.
Sources : OACI, nouvelles restrictions sur les batteries externes, DGAC, Batteries lithium : gardons-les en cabine, Douane, Voyager avec des médicaments, Assemblée nationale, question écrite n° 3734, Air France, produits réglementés et batteries.